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L'atrésie des voies biliaires (AVB) est caractérisée par une
obstruction des voies biliaires d'origine inconnue, survenant en
période périnatale (1). L'AVB est la première cause de cholestase
néonatale. L'image histologique habituelle est une inflammation des
canaux biliaires intra et extra hépatiques, avec sclérose conduisant
au rétrécissement ou à l'oblitération (2). Non traitée, l'AVB
conduit à la cirrhose biliaire et au décès de l'enfant dans les
premières années de vie. Le traitement chirurgical est séquentiel:
en période néonatale, l'intervention de Kasai (3), qui est une
dérivation bilio-digestive palliative entre le hile du foie et le
jéjunum; ultérieurement si nécessaire, la transplantation du foie,
en cas d'échec de rétablissement d'un flux biliaire vers l'intestin,
et/ou de complications de la cirrhose biliaire (4,5). L'AVB est la
principale indication de transplantation du foie chez l'enfant.
Epidémiologie:
L'incidence rapportée de l'AVB varie de 5 / 100000 naissances
vivantes aux Pays Bas (6), 5,1 / 100000 en France (7), 6 / 100000 en
Grande Bretagne (8), 6,5 / 100000 au Texas (9), 7 / 100000 à
Victoria (Australie) (10), 7,4 / 100000 à Atlanta (USA) (11) et au
Japon (12), 10,6 / 100000 à Hawaii (13), jusqu'à 32 / 100000 en
Polynésie française (14). Les études sur la répartition temporelle
et temporo-spatiale des cas n'ont pas apporté d'éléments
convaincants en faveur de variations saisonnières d'incidence ou
d'épidémies, qui ont été suspectées uniquement dans des études
comportant des nombres limités de cas (9-11), mais n'ont pas été
confirmées dans des études incluant de plus grands nombres de
patients (6,7,15,16).
Anatomie:
Deux formes d'AVB sont distinguées (17):
- L'AVB syndromique, dans laquelle les lésions hépatobiliaires
sont associées
à des malformations congénitales variées telles qu'une polysplénie,
une
cardiopathie congénitale, des anomalies intra-abdominales (situs
inversus,
foie médian, veine porte pré-duodénale, absence de veine cave
inférieure
rétro-hépatique, malrotation intestinale).
- L'AVB non-syndromique, dans laquelle l'anomalie biliaire est
isolée.
Plusieurs classifications chirurgicales ont été proposées. La classification
française repose sur les caractéristiques anatomiques du reliquat
biliaire
extra-hépatique (5, 18):

Figure 1 : Types anatomiques
d'AVB
Type 1 (3%): Atrésie du cholédoque
Type 2 (6%): Kyste hilaire communicant avec des voies biliaires
intra-hépatiques dystrophiques
Type 3 (19%): Vésicule biliaire, cystique et cholédoque
perméables
Type 4 (72%): Atrésie complète de la voie biliaire
extra-hépatique
Etiologie:
La cause de l'AVB est inconnue. Des taux bas de
g GT dans le liquide amniotique (enzymes
normalement excrétées dans la bile et passant dans le liquide
amniotique par défécation foetale) ont été mis en évidence dès 18
semaines de gestation chez des foetus nés avec une AVB (19).
Certains cas d'AVB pourraient être secondaires à une anomalie de la
morphogénèse des canaux biliaires, et d'autres cas à une altération
secondaire de canaux biliaires normalement développés.
Des études sur des embryons humains ont montré des
similitudes entre les canalicules biliaires en développement au
premier trimestre de gestation, et les canalicules biliaires
résiduels au niveau du hile du foie chez des patients atteints
d'AVB, suggérant une possible anomalie du processus de remodelage
des canalicules biliaires émanant de la plaque ductale (20). La
persistance de canalicules biliaires de type foetal pourrait
conduire à des fuites biliaires et à une réaction inflammatoire
sévère secondaire. Des études récentes se sont intéressées à la
morphogénèse normale et pathologique des voies biliaires (21, 22) et
aux mécanismes de la fibrose hépatique (23).
Le role éventuel d'une infection virale a été
beaucoup étudié. L'association d'une AVB avec le cytomégalovirus
(24,25), le virus respiratoire syncitial (26), le virus Epstein-Barr
(27), et le virus des papillomes humains (28) a été rapportée, alors
qu'aucune association n'a été trouvée avec les virus des hépatites
A, B et C (29,30).
Le Réovirus de type 3 peut provoquer une
cholangiopathie ressemblant à l'AVB chez la souris (31), et peut
être associé à des AVB spontannées chez le singe rhésus (32). Chez
les nouveau-nés humains, l'association de l'AVB au réovirus de type
3 a été suggérée dans plusieurs études (33-36), mais n'a pas été
confirmée par d'autres (37-39). Le rotavirus de type A peut
provoquer une obstruction biliaire ressemblant à l'AVB (40), et les
effets délétères du virus peuvent être prévenus par l'interféron
alpha (41). Chez les humains, le role possible du rotavirus de type
C est controversé (42,43).
Plusieurs observations suggèrent une composante
génétique dans la pathogénie de l'AVB. Des cas familiaux d'AVB ont
été rapportés (44-48), bien que des couples discordants de jumeaux
homozygotes aient été observés (49-51). Des variations d'incidence
de l'AVB ont été rapportées à Hawaii (13) et à Atlanta (11).
L'incidence du groupe HLA B12, et des haplotypes A9-B5 et A28-B35 a
été trouvée plus importante chez des patients porteurs d'AVB par
comparaison à un groupe témoin (52).
Diagnostic:
De la précocité du diagnostic dépendent les chances
de succès de l'intervention initiale (5,18, 53-55). Tout ictère néonatal qui dure au delà de
deux semaines de vie doit être exploré, et une AVB doit être
éliminée rapidement (56-57).
Diagnostic anténatal: Le diagnostic
anténatal de l'AVB reste exceptionnel. Les types 1 et 2, qui sont
rares, peuvent être suspectés à l'échographie anténatale si une
structure kystique est détectée dans le hile du foie (58-59): le
bilan post-natal doit distinguer une forme kystique d'AVB, qui
nécessite une intervention chirurgicale urgente, d'un kyste du
cholédoque, dont le traitement peut en général être différé.
Clinique: Après la naissance, la triade
clinique caractéristique associe (1,60): 1) un ictère qui persiste
après deux semaines de vie. 2) des selles décolorées
(gris-blanches), et des urines foncées. 3) un gros foie. L'état
général du bébé est habituellement excellent, et la croissance
staturo-pondérale est normale à ce stade. Les signes tardifs sont:
une grosse rate (hypertension portale), une ascite, des hémorragies
qui peuvent être intra-craniennes (défaut d'absorption de la
vitamine K).
Echographie: L'échographie du foie est
réalisée après un jeûne strict de 12 heures (l'enfant étant
perfusé): elle ne montre pas de dilatation des voies biliaires.
L'AVB peut être suspectée si la vésicule biliaire est atrophique
malgré le jeûne prolongé, si le hile du foie est hyperéchogène
(signe du "cône fibreux"), s'il existe un kyste dans le hile du
foie, si les éléments du syndrome de polysplénie sont identifiés:
rates multiples, veine porte préduodénale, absence de veine cave
iférieure rétro-hépatique.
Cholangiographie: Dans les cas où la
vésicule semble normale à l'échographie, une cholangiographie est
nécessaire pour vérifier la perméabilité des voies biliaires. Cette
cholangiographie peut être réalisée par voie percutanée (sous
controle échographique), endoscopique rétrograde (CPRE), ou
chirurgicale.
Biopsie hépatique: Les caractéristiques
principales suggérant l'AVB sont les bouchons biliaires, la
prolifération ductulaire, l'oedème et/ou la fibrose portale. Comme
dans toutes les autres causes de cholestase néonatale, des
hépatocytes géants peuvent être observés.
Autres: La biochimie du sang montre une
cholestase (avec élévation du cholestérol et des g GT). La scintigraphie à l'HIDA montre une
absence d'excrétion du marqueur du foie vers l'intestin, mais ceci
peut être également observé dans d'autres cholestases néonatales
sévères. De plus, la scintigraphie peut être faussement rassurante
dans les stades précoces de l'AVB.
Exclusion des autres causes de cholestase
néonatale: Les causes médicales de cholestase néonatale
doivent être exclues. Les diagnostics différentiels les plus
fréquents sont: le syndrome d'Alagille, les cholestases familiales
fibrogènes, le déficit en a 1 antitrypsine,
la mucoviscidose.
Dans l'expérience de l'équipe de Bicêtre, le
diagnostic d'AVB peut dans la majorité des cas être fortement
suspecté avec la clinique, l'échographie, et après un rapide bilan
permettant d'éliminer les principales autres causes de cholestase
néonatale. La cholangiographie et/ou la biopsie hépaique ne sont
indiquées que lorsque le diagnostic reste incertain, notamment en
cas de vésicule non atrophique à l'échographie (61).
Traitement:
Le traitement actuel de l'AVB est séquentiel: 1) En
période néonatale, l'intervention de Kasai, avec l'objectif de
restaurer un flux biliaire vers l'intestin. 2) La transplantation du
foie secondairement, en cas d'échec de rétablissement de la holérèse
et/ou de complications de la cirrhose biliaire.
L'opération de Kasai:
hépatoporto-entérostomie:
Après une incision transversale sus-ombilicale, le
diagnostic d'AVB est confirmé par inspection du foie et des voies
biliaires extra-hépatiques: dans la plupart des cas (type 4: atrésie
extra-hépatique complète), le diagnostic est évident avec un foie
cholestatique (vert) +/- fibreux voire cirrhotique, et une vésicule
réduite à l'état d'un cordon fibreux; si la vésicule est perméable,
la couleur de son contenu (bile colorée ou sécrétions épithéliales
incolores) est relevée, et une cholangiographie est réalisée. Les
éléments du syndrome de polysplénie sont recherchés, ainsi que
d'autres anomalies intra-abdominales (diverticule de meckel
notamment). La pression portale est mesurée par la veine
ombilicale.
Après section du ligament falciforme et du ligament
triangulaire gauche, le foie est extériorisé à travers incision
abdominale. L'arbre biliaire extra-hépatique est excisé, ainsi que
le cône fibreux situé au dessus de la bifurcation portale. Une anse
jéjunale en Y de 45 cm de longueur est préparée puis passée à
travers le mésocolon jusqu'au hile du foie. L'anastomose est
réalisée par ventousage de l'extrémité de l'anse en Y, ouverte sur
son bord antimésentérique, sur le pourtour de la tranche de section
du reliquat biliaire sectionné au niveau de la plaque hilaire. Une
biopsie hépatique est réalisée.

Figure 2: Vue opératoire d'une AVB forme complète
(type 4) (62)

Figure 3 : Hépatoporto-entérostomie (Opération
de Kasai) (62)
Plusieurs variantes techniques sont possibles, en
fonction de l'anatomie du reliquat biliaire extra-hépatique:
- AVB type 1: cholecysto-entérostomie, or hepatico-entérostomie.
- AVB type 2: kysto-entérostomie. Cette opération ne peut être
réalisée qu'après avoir vérifié par cholangiographie que le kyste
hilaire communique avec les voies biliaires intrahépatiques
dystrophiques.
- AVB type 3: hépatoporto-cholécystostomie. La vésicule, le
cystique et le cholédoque, tous perméables (cholangiographie) sont
conservés. La vésicule est libérée de son lit, en préservant son
pédicule vasculaire. L'anastomose est réalisée entre le pourtour
de la plaque hilaire et le fond vésiculaire mobilisé au niveau du
hile du foie. Comme cette intervention ne met pas en contact
direct l'intestin avec les voies biliaires, elle est supposée
réduire le risque de cholangites post-opératoires (55). Ses
complications spécifiques sont la fuite biliaire anastomotique
avec biliopéritoine post-opératoire, la torsion et l'obstruction
du cystique et du cholédoque (63-65).

Figure 4: Hépatoporto-cholécystostomie (62)
Evolution post-opératoire:
En post-opératoire, différents traitements ont été
proposés soit pour augmenter la cholérèse, soit pour réduire les
phénomènes inflammatoires au niveau de la plaque hilaire, qui
pourraient conduire à un tissu de granulation et à une fibrose
obstruant les canalicules biliaires encore perméables. Bien que
préconisés par certains chirurgiens (66-68), les corticostéroïdes
restent controversés car leur intérêt sur l'évolution à long terme
n'a pas été démontré, et ils pourraient augmenter le risque de
cholangites sévères post-opératoires.
Evolution après succès de l'opération de
Kasai:
Lorsque l'intervention de Kasai permet de rétablir
un flux biliaire vers l'intestin, les selles se recolorent (jaunes
ou vertes), et l'ictère régresse progressivement. Ceci peut durer
plusieurs semaines, voire plusieurs mois. L'évolution de la cirrhose
biliaire est stoppée ou notablement ralentie, et des survies avec le
foie natif ont été rapportées jusqu'à des âges de 20 (69) ou 30 ans
(70). Cependant, plusieurs complications peuvent survenir:
Cholangites: Le contact direct entre
l'intestin et les voies biliaires intrahépatiques dystrophiques,
sièges d'une stase biliaire, peut être à l'origine de cholangites
ascendantes, en particulier dans les premières semaines ou mois
suivant l'intervention de Kasai, dans 30 à 60% des cas (71,72).
Cette infection peut être sévère, voire fulminante. Elle est révélée
par des signes de sepsis (fièvre, hypothermie, mauvaise
hémodynamique), une réaggravation de l'ictère (et de la cholestase
biologique), des selles décolorées, des douleurs à la palpation du
foie. Le diagnostic peut être confirmé par des hémoculture et/ou une
culture de biosie hépatique (71). Le traitement nécessite des
antibiotiques IV, et des mesures de réanimation non spécifiques. En
cas de cholangites récidivantes et/ou tardives, un reflux dans une
anse en Y trop courte, une occlusion de l'anse en Y, et des cavités
biliaires intrahépatiques infectées doivent être recherchés. Des
cholangites récidivantes sans cause "chirurgicale" peuvent
nécessiter une antibioprophylaxie continue.
Hypertension portale: L'hypertension
portale survient chez au moins deux tiers des enfants après
portoentérostomie (73,74), même après régression complète de la
cholestase. Les localisations les plus fréquentes des varices sont:
l'oesophage, l'estomac, l'anse en Y, le rectum. En cas d'échec de
rétablissement du flux biliaire, l'hypertension portale est traitée
par la transplantation du foie, mais peut nécessiter une
sclérothérapie ou des ligatures de varices dans l'attente de la
greffe. En cas de régression complète de l'ictère après
l'intervention de Kasai, les traitements conservateurs sont
indiqués: le plus souvent sclérothérapie ou ligature de varices
(75,76). La dérivation porto-sushépatique trans-hépatrique
percutanée (TIPS) est rarement utilisable dans cette indication, en
raison du jeune âge de ces patients, de l'hypoplasie habituelle de
la veine porte chez les enfants atteints d'AVB, de l'existense
fréquente de cavités biliaires intra-hépatiques, et du risque de
prolifération intimale et d'obstruction secondaire de la dérivation
(77). Les dérivation porto-systémiques chirurgicales gardent de
rares indications, lorsque l'hypertension portale est isolée, avec
des fonctions de synthèse du foie normales, et une maladie hépatique
non évolutive, et que les varices ne sont pas accessibles à un
traitement endoscopique (78). Exceptionnellement, l'hypersplénisme
peut être traité par embolisation artérielle de la rate (79).
Le syndrome hépato-pulmonaire et l'hypertension
artérielle pulmonaire: Comme chez les patients porteurs
de shunts porto-systémiques spontannés (cirrhoses ou hypertensions
portales pré-hépatiques) ou acquis (dérivation porto-systémique
chirurgicale), des shunts artério-veineux pulmonaires ou une
hypertension artérielle pulmonaire peuvent survenir chez des
patients porteurs de cirrhose biliaire secondaire à une AVB, même en
cas de régression complète de l'ictère. Ces complications
pulmonaires seraient dues à l'absence de détoxification par le foie
de substances vaso-actives d'origine intestinale, arrivant
directement dans la vascularisation pulmonaire du fait des
dérivations porto-systémiques. Les shunts artérioveineux pulmonaires
sont responsables d'hypoxie, cyanose, dyspnée, hippocratisme
digital, alors que l'hypertension artérielle pulmonaire provoque des
malaises voire une mort subite. Le diagnostic est confirmé par
scintigraphie pulmonaire de perfusion, et par échographie cardiaque,
respectivement. La transplantation hépatique permet la régression
des shunts pulmonaires (80), et de l'hypertension artérielle
pulmonaire à son stade précoce (non fixé) (81).
Cavités biliaires intra-hépatiques: Des cavités
biliaires intrahépatiques volumineuses peuvent se développer
plusieurs mois ou années après l'intervention de Kasai, même en cas
de régression complète de l'ictère. Ces cavités peuvent s'infecter
et/ou comprimer la veine porte, et nécessiter un drainage externe.
Une kysto-entérostomie (82) ou une transplantation peuvent ensuite
être nécessaires.
Néoplasies: Des hépatocarcinomes,
hépatoblastomes (83) et des cholangiocarcinomes (84) ont été
observés dans le foie cirrhotique de patients atteints d'AVB, dans
l'enfance ou à l'âge adulte. Le dépistage d'une tumeur hépatique
doit être systématique dans le suivi des enfants après intervention
de Kasai.
Evolution après échec de l'intervention de
Kasai:
En cas d'échec de rétablissement du flux biliaire
vers l'intestin, la cirrhose biliaire continue d'évoluer et une
transplantation hépatique est nécessaire. L'AVB représente plus de
la moitié des indications de greffe du foie chez l'enfant. En cas
d'échec immédiat de l'intervention de Kasai, la transplantation est
réalisée habituellement dans la deuxième année de vie, mais peut
être nécessaire parfois plus tôt (dès 6 mois de vie) en cas de
cirrhose rapidement évolutive. En cas de succès initial de
l'intervention de Kasai, la transplantation peut être nécessaire
plus tard dans l'enfance ou à l'âge adulte, soit en raison de la
récidive de l'ictère (échec secondaire de l'intervention de Kasai),
soit en raison de complications de la cirrhose malgré la régression
de l'ictère.
Le greffon peut provenir d'un donneur d'organes
décédé: rarement un foie entier, provenant d'un donneur enfant de
taille proche du receveur; plus souvent un lobe gauche (segments
2+3) ou un foie gauche (segments 2+3+4) obtenus après réduction ou
partage d'un foie de donneur adulte. Le greffon peut aussi être
prélevé chez l'un des parents de l'enfant.
La survie des patients 5 et 10 ans après
transplantation du foie pour AVB dépasse actuellement 80% (85-87).
Dans la plupart des cas, la qualité de vie de ces enfants est proche
de la normale, aussi bien pour la croissance staturo-pondérale, que
pour leur développement physique, intellectuel, et leur fécondité
ultérieure (88-90).
Devenir global des patients atteints
d'AVB:
Dans une première étude nationale incluant tous les
enfants atteints d'AVB vivant en France et nés entre 1986 et 96 (5),
la survie avec le foie natif (= sans transplantation) était de 32%
et 27% à 5 et 10 ans, respectivement. La survie globale des patients
était de 71% à 5 et 10 ans. Les facteurs pronostiques indépendants
au diagnostic étaient : le type anatomique du reliquat biliaire
extra-hépatique (pronostic décroissant du type 1 au type 4),
l'existence d'une polysplénie, la précocité de réalisation de
l'intervention de Kasai, et l'expérience du centre en charge du
traitement. Avec les progrès réalisés depuis cette première enquête,
une survie de 90% des patients semble actuellement un objectif
réaliste (91).
Remerciements:
Aux pédiatres et chirurgiens des 45 centres
participant aux travaux de l'Observatoire.
Aux Pr Olivier Bernard et Frédéric Gauthier pour
leur relecture de ce texte.
Références: Voir page "Références"
de ce site.
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